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Carnet de Julien Ricciarelli-BonnalIAL’IA commence à choisir les marques avant même que les clients ne les comparent

29 août 2026
Julien Ricciarelli-Bonnal

Article de Julien Ricciarelli-Bonnal

29 août 2026

L’essentiel

Pendant vingt ans, le marketing digital a consisté à gagner une place dans le champ de vision du client : Google, comparateurs, marketplaces, réseaux sociaux, publicité. Avec les assistants IA, une nouvelle étape apparaît. L’utilisateur ne cherche plus forcément à comparer lui-même vingt solutions ; il demande directement lesquelles méritent son attention. La sélection commence alors avant le clic, parfois avant même que la marque ait eu l’occasion de présenter son argumentaire. Le véritable enjeu marketing pourrait donc évoluer rapidement : il ne s’agira plus seulement d’être visible ou bien positionné, mais d’être suffisamment crédible, identifiable et pertinent pour entrer dans la shortlist construite par la machine.

Pendant longtemps, une marque pouvait résumer une grande partie de sa bataille digitale à une question relativement simple : comment être présente au moment où le client cherche ? Il fallait apparaître dans Google, occuper les bonnes requêtes, être correctement référencé dans les comparateurs, investir les marketplaces, travailler ses réseaux sociaux et parfois payer pour gagner quelques positions ou quelques secondes d’attention supplémentaires.

Cette mécanique était déjà complexe, mais elle conservait une logique claire. Le client voyait plusieurs options, parcourait des pages, comparait des prix, lisait des avis, ouvrait plusieurs onglets et construisait progressivement sa propre shortlist. Les marques se disputaient donc une place dans le processus de comparaison.

Les assistants IA déplacent une partie de cette compétition. Lorsqu’un utilisateur demande quelle solution choisir, quel outil vaut vraiment le coup ou quelle marque correspond le mieux à un besoin précis, il peut recevoir directement quelques recommandations synthétisées. La comparaison n’a pas disparu, mais elle commence parfois après qu’un premier tri a déjà été effectué.

Et pour les entreprises, cette différence est considérable.

La comparaison commence à disparaître derrière la recommandation

Un moteur de recherche traditionnel donne accès à un marché visible. Même lorsque l’algorithme privilégie certains résultats, l’utilisateur peut encore parcourir la page, ouvrir plusieurs liens, reformuler sa requête et découvrir progressivement des acteurs dont il ignorait l’existence. Le moteur organise l’accès à la comparaison, mais il ne la réalise pas entièrement à la place du client.

Un assistant IA peut aller plus loin. Il peut interpréter le besoin, prendre en compte des contraintes exprimées dans la conversation, exclure certaines options jugées trop chères, trop complexes ou mal adaptées, puis proposer une sélection réduite accompagnée de raisons précises. Pour l’utilisateur, le gain de temps est évident. Il ne part plus nécessairement de vingt marques mais de trois ou quatre solutions déjà présentées comme pertinentes.

Cette évolution change la nature de la visibilité. Une entreprise peut conserver un bon référencement, une présence publicitaire solide et un site parfaitement optimisé tout en restant absente de la première sélection produite par l’assistant. Elle existe toujours sur le marché, mais elle n’entre pas forcément dans le champ de considération du client.

La difficulté est que cette exclusion peut intervenir sans signal visible pour la marque. Aucun classement ne lui indique nécessairement qu’elle est quatrième, dixième ou absente. Elle peut simplement ne jamais être mentionnée dans la réponse initiale qui détermine ensuite les recherches du prospect.

Pendant vingt ans, les marques ont essayé d’être choisies par le client. Elles vont maintenant devoir commencer par ne pas être éliminées avant lui.

Être visible ne suffira plus si la marque n’est pas recommandable

Le référencement a longtemps récompensé la capacité à faire correspondre une page à une intention de recherche. Les assistants IA introduisent une exigence supplémentaire : lorsqu’ils doivent recommander une solution, ils doivent aussi être capables de comprendre pourquoi cette marque mérite d’être proposée plutôt qu’une autre.

Cela donne une importance particulière à la clarté du positionnement. Une entreprise qui explique mal ce qu’elle fait, pour qui elle le fait et ce qui la distingue peut rester parfaitement accessible aux moteurs tout en étant difficile à intégrer dans une recommandation précise. Une marque généraliste, ambiguë ou contradictoire peut devenir moins facile à sélectionner qu’un concurrent dont la proposition est immédiatement compréhensible.

La réputation extérieure prend également davantage de poids. Une entreprise peut évidemment décrire elle-même son produit comme excellent, fiable ou innovant. Une recommandation crédible doit cependant pouvoir s’appuyer sur d’autres signaux : avis, articles, comparatifs, témoignages, discussions professionnelles, réputation sectorielle, présence dans des sources spécialisées ou cohérence des informations disponibles ailleurs.

Le marketing ne se résume donc pas à produire davantage de contenus destinés à convaincre une machine. L’enjeu est plutôt de construire suffisamment de signaux cohérents pour que la marque puisse être correctement comprise et replacée dans son marché, même lorsque l’analyse est effectuée à partir de sources que l’entreprise ne contrôle pas directement.

Pour renforcer une visibilité qui repose sur un positionnement clair, une réputation cohérente et une présence suffisamment identifiable dans l’ensemble de son écosystème numérique, les entreprises devront progressivement penser au-delà de leur propre site. La machine ne juge pas uniquement ce que la marque affirme sur elle-même, mais ce que l’environnement numérique permet de reconstruire à son sujet.

L’argumentaire peut être résumé avant même que la marque ne rencontre son prospect

Cette évolution crée un autre changement majeur : la marque perd une partie du contrôle sur la première présentation de son offre. Dans un parcours classique, le prospect arrivait sur une landing page, une fiche produit ou un contenu commercial conçu précisément pour organiser la perception de la proposition. L’entreprise décidait quels bénéfices mettre en avant, quelles preuves montrer et dans quel ordre présenter ses arguments.

Un assistant IA peut désormais intervenir avant cette rencontre. Il peut expliquer les forces de la solution, ses limites, son prix, les profils auxquels elle correspond et les raisons pour lesquelles un concurrent pourrait être préférable. Le client peut donc arriver sur le site avec une représentation déjà structurée de la marque, construite à partir d’informations diverses.

Cette situation n’est pas forcément négative. Une marque réellement forte peut bénéficier d’une recommandation extérieure plus crédible que son propre discours commercial. Si ses clients sont satisfaits, son positionnement clair et sa réputation solide, l’assistant peut devenir un nouvel intermédiaire capable de lui envoyer des prospects déjà relativement convaincus.

Mais l’effet inverse existe également. Une communication commerciale brillante ne suffira plus toujours à compenser une réputation moyenne, une offre mal comprise ou des informations contradictoires dispersées sur le Web. Le prospect peut découvrir ces éléments avant même d’avoir vu la version officielle de l’entreprise.

Le parcours client commence donc potentiellement ailleurs que chez la marque. Et surtout, il commence parfois par une synthèse que celle-ci n’a ni rédigée ni validée.

La bataille pourrait se déplacer de l’attention vers la considération algorithmique

Pendant des années, le marketing digital a été structuré autour de la rareté de l’attention. Il fallait produire le titre qui génère le clic, la publicité qui interrompt le défilement, la vidéo qui retient quelques secondes supplémentaires ou la page qui occupe la meilleure position. La marque devait d’abord être vue avant d’espérer être considérée.

Les assistants IA introduisent une rareté différente : celle de la sélection. Une réponse qui recommande trois solutions ne peut pas en citer cinquante. Plus l’interface cherche à simplifier la décision, plus elle doit réduire le nombre d’options présentées, et plus la compétition pour entrer dans cette courte liste devient importante.

Cela pourrait modifier certaines priorités marketing. Une marque connue mais mal positionnée peut être moins facile à recommander qu’un acteur plus petit parfaitement adapté à la demande formulée. À l’inverse, la notoriété et la réputation peuvent devenir des signaux très puissants lorsque plusieurs solutions semblent techniquement équivalentes.

La performance ne se jouera donc probablement pas autour d’une recette unique appelée GEO, SEO IA ou optimisation pour assistants. Il sera difficile de manipuler durablement des systèmes capables de croiser un nombre croissant de sources simplement en ajoutant quelques formulations sur un site. Les fondamentaux risquent au contraire de devenir plus importants : proposition de valeur compréhensible, expertise démontrable, réputation externe, satisfaction client, cohérence des informations et présence éditoriale crédible.

L’IA pourrait finalement rendre beaucoup plus visible une réalité ancienne : une marque qui n’est recommandée par personne aura de plus en plus de difficulté à convaincre une machine de la recommander.

Les entreprises vont devoir surveiller ce que les IA comprennent réellement d’elles

Cette transformation crée enfin un nouveau problème de pilotage. Les entreprises disposent aujourd’hui d’indicateurs précis pour leur référencement, leurs campagnes publicitaires, leurs réseaux sociaux ou leurs marketplaces. Elles peuvent mesurer les impressions, les positions, les clics, les conversions et parfois attribuer une partie du chiffre d’affaires à chaque canal.

La présence dans les réponses IA reste beaucoup plus difficile à interpréter. Être cité fréquemment peut sembler positif, mais encore faut-il comprendre dans quel contexte, pour quelles requêtes, auprès de quels profils d’utilisateurs et surtout avec quelle perception. Une marque peut être très visible tout en étant systématiquement présentée comme une alternative moins performante ou plus coûteuse qu’un concurrent.

L’enjeu ne sera donc pas uniquement de compter les mentions. Il faudra comprendre le récit qui se construit autour de la marque : quels attributs lui sont associés, quels concurrents apparaissent à ses côtés, dans quelles situations elle est recommandée et pour quelles raisons elle peut être écartée.

Cette observation ne doit pas conduire à réécrire toute sa stratégie pour satisfaire les assistants. Une entreprise doit d’abord rester cohérente avec son marché et ses clients. Mais elle ne pourra probablement plus ignorer la manière dont des systèmes utilisés pour préparer des achats ou des décisions reconstruisent son positionnement à partir du Web.

Le marketing commence peut-être avant que le client n’entre sur le marché

Les assistants IA ne supprimeront pas Google, les comparateurs, les marketplaces ou les recommandations humaines. Les parcours d’achat resteront multiples, et un client continuera souvent à vérifier lui-même une recommandation avant de prendre une décision importante.

Mais l’ordre des étapes commence à changer. Une partie des consommateurs peut désormais commencer par demander à une machine quelles options méritent d’être étudiées, puis n’examiner en profondeur que les marques proposées. La shortlist n’est plus nécessairement le résultat de la recherche ; elle peut en devenir le point de départ.

Cela change profondément la position du marketing. Une entreprise n’a plus seulement besoin d’être convaincante lorsqu’un prospect arrive sur son site. Elle doit avoir construit, bien avant cette visite, suffisamment de réputation, de cohérence et de preuves pour mériter d’être présentée au prospect.

Les marques continueront évidemment à se battre pour être choisies. Mais avant cette bataille, une autre commence à émerger : celle qui détermine qui aura seulement le droit d’entrer dans la comparaison.

Nous accompagnons les entreprises qui souhaitent renforcer leur positionnement, leur visibilité et leur réputation afin de rester identifiables dans les nouveaux parcours de recherche et de recommandation.

Meta description : Les assistants IA présélectionnent désormais des marques avant la comparaison. Une nouvelle bataille marketing commence pour entrer dans la shortlist.

Maillage interne : renforcer une visibilité qui repose sur un positionnement clair, une réputation cohérente et une présence suffisamment identifiable dans l’ensemble de son écosystème numérique

URL du maillage interne : https://www.ricciarelli.eu/consulting-marketing-communication-digitale/

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Rédigé par Julien Ricciarelli-Bonnal

29 août 2026

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