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Carnet de Julien Ricciarelli-BonnalActualitéL’IA débarque dans les PME — mais sans stratégie, c’est souvent la galère

8 décembre 2025
Julien Ricciarelli-Bonnal

Article de Julien Ricciarelli-Bonnal

8 décembre 2025

L’IA débarque dans les PME — mais sans stratégie, c’est souvent la galère

Une étude portant sur plus de 12 000 PME européennes montre une réalité qui tranche avec le discours dominant : l’adoption de l’intelligence artificielle progresse rapidement, mais les entreprises qui l’intègrent réellement dans leurs process ne sont pas forcément mieux armées que celles qui attendent encore. L’IA devient un levier incontournable, un outil présent dans toutes les conversations, un sujet qu’aucune PME ne peut se permettre d’ignorer. Pourtant, lorsqu’on quitte la hype et que l’on observe le terrain, on découvre un paysage beaucoup moins linéaire : les PME veulent avancer, mais elles n’ont ni l’infrastructure, ni la vision, ni les compétences internes pour transformer cette adoption en avantage réel. L’IA n’est pas un miracle en abonnement ; c’est un chantier. Et pour beaucoup, c’est un chantier mal préparé.

La réalité derrière les chiffres : une adoption enthousiaste, mais un terrain fragile

Les chiffres bruts impressionnent : dans l’étude européenne, plus d’une PME sur deux déclare utiliser une forme d’intelligence artificielle ou prévoir de le faire d’ici 12 à 18 mois. L’élan est réel, l’intérêt est massif, l’offre technologique se multiplie, et chaque dirigeant sent intuitivement que quelque chose est en train de basculer. Pourtant, il suffit de regarder les détails de l’étude pour nuancer cette lecture trop optimiste : l’adoption est souvent superficielle. L’IA est testée, parfois expérimentée, rarement intégrée. Les outils sont utilisés ponctuellement, sans structuration, sans mesure d’efficacité, ou même sans réflexion sur leur place dans le fonctionnement global.

Cette superficialité n’est pas un défaut de volonté, mais un problème de contexte. Beaucoup de PME n’ont pas encore la maturité digitale suffisante pour absorber l’IA. Elles manquent de systèmes internes cohérents, de données organisées, de processus documentés. Autrement dit : elles veulent mettre de l’IA sur une structure qui, elle-même, n’est pas prête. C’est comme installer un moteur de Formule 1 sur un châssis qui n’a pas été conçu pour ça.

Les PME sont confrontées à trois obstacles majeurs — et aucun n’est technologique

Ce que révèle l’étude européenne est particulièrement intéressant : les obstacles principaux ne sont pas techniques. Ce ne sont pas les outils, ni les prix, ni les ressources nécessaires. Les blocages viennent de trois leviers entièrement humains et organisationnels.
Le premier obstacle, c’est la stratégie. La majorité des PME intègre l’IA sans objectif clair. Elles testent, explorent, bidouillent parfois, mais sans direction. Une IA utilisée sans cap devient un gadget : impressionnante en démo, inutile en production. C’est là qu’un travail de cadrage initial — souvent assumé via un consulting marketing — permet de définir une priorité réelle : automatiser la production, améliorer la relation client, renforcer l’analyse, structurer la prise de décision.

Le deuxième obstacle, c’est l’organisation interne. Beaucoup d’entreprises fonctionnent encore avec des silos, des processus flous, des habitudes forgées par l’urgence plutôt que par la structure. Or l’IA impose l’inverse : elle exige une documentation minimale, une vision partagée, une cohérence dans la circulation de l’information.
Le troisième obstacle, c’est la compétence. Non pas la compétence technique — car les outils deviennent de plus en plus simples — mais la compétence d’usage : savoir quoi déléguer, quoi automatiser, quoi garder en interne. Cette compétence ne s’improvise pas. Elle se construit avec l’expérience, l’expérimentation encadrée et une compréhension fine des besoins réels.

L’IA n’apporte rien si l’entreprise ne sait pas quoi en faire

L’une des erreurs les plus courantes consiste à croire que l’IA va “améliorer” l’entreprise par défaut. Mais une technologie ne change rien lorsqu’elle arrive dans une structure qui ne sait pas comment l’absorber. L’IA ne résout pas les problèmes structurels ; elle les amplifie. Une entreprise désorganisée devient une entreprise désorganisée plus vite. Une communication confuse devient une communication confuse à plus grande échelle. Une mauvaise expérience client devient une mauvaise expérience client automatisée.

C’est pour cette raison que la mise en place de l’IA doit commencer par un diagnostic. Savoir où l’entreprise en est, ce qu’elle veut atteindre, ce qu’elle peut absorber, et dans quel ordre agir. L’IA n’est pas un raccourci : c’est un multiplicateur. Elle multiplie ce qui fonctionne déjà, mais elle multiplie aussi les erreurs. Et sans un audit stratégique en amont, la PME risque de découvrir trop tard que la technologie ne compense pas les incohérences internes.

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Les PME doivent adopter une approche progressive, méthodique et non idéologique

Le discours ambiant pousse beaucoup d’entreprises à accélérer trop vite. On parle de révolution, de transformation, de disruption. Résultat : les PME se sentent obligées d’aller vite, de cocher la case “IA”, d’intégrer un outil, souvent sans comprendre la logique globale.
La vérité est plus simple et plus rassurante : l’IA s’aborde par étapes.
La première étape consiste à identifier un problème réel : où perd-on du temps ? où la qualité est-elle instable ? où l’entreprise manque-t-elle de visibilité ? C’est en répondant à ces questions que l’on trouve des cas d’usage pertinents.

La deuxième étape consiste à tester un outil dans un périmètre limité. Pas pour tout transformer, mais pour mesurer, apprendre, comprendre.
La troisième étape consiste à industrialiser ce qui fonctionne. À documenter. À transmettre. À intégrer dans la structure de l’entreprise.
Et seulement ensuite, on élargit. Les PME qui réussissent avec l’IA ne sont pas celles qui vont le plus vite : ce sont celles qui avancent avec cohérence.

L’IA offre une opportunité immense — à condition d’arrêter de la voir comme une baguette magique

Ce qui se joue aujourd’hui dans les PME européennes n’est pas une révolution technologique ; c’est une révolution méthodologique. Les entreprises qui réussiront dans les prochaines années ne seront pas celles qui utiliseront le plus d’IA, mais celles qui sauront structurer leur utilisation.
L’IA n’est pas un substitut à la vision. Elle n’est pas un substitut à la stratégie. Elle n’est pas un substitut à l’organisation.

Elle est un accélérateur. Et dans un monde où la vitesse peut être un avantage ou un risque, la différence entre les deux dépend toujours de la qualité du pilotage. Il n’y a aucune honte à avancer par étapes, aucun manque de modernité à être prudent, aucun retard à vouloir comprendre avant d’agir. En réalité, c’est même l’inverse : la maturité consiste à ne pas confondre adoption et progrès.

Les PME n’ont pas besoin d’adopter l’IA “vite”. Elles doivent l’adopter “juste”.

Rédigé par Julien Ricciarelli-Bonnal

8 décembre 2025

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