
Article de Julien Ricciarelli-Bonnal
25 novembre 2025
On ne crée pas une marque avec des posts LinkedIn
Depuis quelques années, LinkedIn est devenu la grande foire aux contenus, un endroit où chacun se prend pour un éditorialiste, un philosophe, un généraliste du “leadership”, ou un gourou de pacotille qui aligne des évidences comme s’il venait de découvrir l’eau tiède. Beaucoup d’entreprises se sont laissé piéger par cette idée fausse : publier beaucoup équivaudrait à exister vraiment. Le problème, c’est que cette course à la visibilité a créé une illusion dangereuse : parler n’est pas communiquer, publier n’est pas incarner, exister sur LinkedIn n’est pas construire une marque.
Une marque ne se fabrique pas à coups de punchlines recyclées, de confessions émotionnelles calibrées pour l’algorithme, ou de micro-leçons de management écrites entre deux cafés dans un coworking. Une marque se construit dans la profondeur : dans la vision, dans l’intention, dans la stratégie ; bref, partout sauf dans les “post du matin” écrits à la va-vite.
LinkedIn a donné à tout le monde un mégaphone, mais beaucoup ont oublié qu’un mégaphone ne crée pas une identité ; il ne fait qu’amplifier ce qui existe déjà. Et quand il n’y a rien, eh bien ça amplifie le vide.
La logique algorithmique a remplacé la logique stratégique
Aujourd’hui, la grande majorité des entreprises n’adapte plus leur communication à leur stratégie ; elles adaptent leur communication… au fonctionnement de LinkedIn.
Elles ne parlent plus pour exprimer leur différence, elles parlent pour contenter un algorithme. Elles multiplient les formats courts, les anecdotes personnelles, les stories forcées, les posts “qui font réagir”, comme si la marque devait plaire à LinkedIn avant de plaire à un client.
Ce glissement est un sabotage silencieux : plus une marque communique pour l’algorithme, moins elle communique pour elle-même, et plus elle devient interchangeable.
Or, si une entreprise n’a pas pris le temps de comprendre ce qu’elle veut dire, pourquoi elle veut le dire, et comment cela s’inscrit dans une cohérence globale, elle part dans tous les sens et perd sa crédibilité.
C’est précisément pour éviter ce genre de dérive qu’un consulting marketing est indispensable : remettre à plat la vision, les messages, la structure du discours, la logique interne qui permet à une communication d’être claire, stable et durable.
Sans ça, LinkedIn devient un piège : on court, on publie, on parle… mais on se vide de sens.

Le ton LinkedIn détruit la crédibilité des marques
Soyons honnêtes : certains formats ont ruiné la communication B2B.
On retrouve partout les mêmes :
- les posts “leçon de vie” façon développement personnel discount ;
- les histoires inventées pour faire pleurer l’algorithme ;
- les photos de bureau posées façon “team en action”, sourire figé, authenticité zéro ;
- les posts d’ego déguisés en posts de gratitude ;
- la perpétuelle comédie du “j’ai tellement appris aujourd’hui” ;
- les punchlines random dignes d’un calendrier de gare.
Tout le monde fait pareil. Tout le monde écrit pareil. Tout le monde se fatigue pareil.
Le pire, c’est que beaucoup d’entreprises finissent par ressembler à des influenceurs LinkedIn, alors qu’elles auraient dû ressembler… à des entreprises.
Une marque professionnelle qui se met à produire des posts superficiels perd instantanément en sérieux, en crédibilité, en légitimité. On ne construit pas la confiance avec des emojis inspirants ou des confessions calibrées ; on la construit avec un discours clair, une posture forte, un positionnement solide.
Une marque se construit hors des réseaux… puis s’exprime dessus
La vérité, c’est que LinkedIn n’est pas un lieu de construction : c’est un amplificateur.
On n’y bâtit pas une marque ; on y diffuse une marque qui existe déjà.
Et si la marque n’a pas été construite en amont — vision, plateforme de marque, messages, positionnement, identité, cohérence — alors LinkedIn ne fera qu’exposer ses fragilités au grand jour.
C’est pour cela que les entreprises qui maîtrisent vraiment leur communication s’appuient sur un travail de fond, souvent accompagné par d’un audit stratégique, pour clarifier leur message et leur ton, pour trouver la ligne éditoriale qui les distingue, pour incarner quelque chose avant même de le publier.
LinkedIn n’est pas un endroit où l’on trouve sa voix.
LinkedIn est un endroit où l’on utilise sa voix.
C’est totalement différent.
Les marques qui gagnent en 2025 parlent moins, mais mieux
Dans un monde saturé de contenus, les marques qui dominent ne sont pas celles qui publient le plus, mais celles qui publient le plus justement.
Elles ne cherchent pas à occuper le terrain ; elles cherchent à occuper leur territoire. Elles ne cherchent pas les réactions, elles cherchent l’adhésion.
lles ne cherchent pas la viralité, mais la lisibilité.
Et elles savent une chose essentielle : chaque prise de parole engage la crédibilité. Il suffit d’un post mal calibré pour abîmer une image, et d’une communication trop fréquente pour donner l’impression d’un vide stratégique.
En 2025, la rareté est devenue une force. La clarté est devenue un avantage. La cohérence est devenue un levier business.
Conclusion
On ne construit pas une marque avec des posts LinkedIn, mais on peut la détruire très vite avec des posts inutiles, mal pensés ou superficiels.
La communication n’est pas un concours de fréquence, c’est un exercice de précision. Et quand tout le monde crie très fort, la force d’une marque repose sur sa capacité à parler moins, mais mieux.
Ton carnet le répète depuis des semaines : LinkedIn n’est pas la stratégie. C’est seulement l’un des canaux où la stratégie se voit.
Rédigé par Julien Ricciarelli-Bonnal
25 novembre 2025

