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IAL’intelligence artificielle répond de mieux en mieux. Mais pose-t-elle les bonnes questions ?

27 juin 2026
Julien Ricciarelli-Bonnal

Article de Julien Ricciarelli-Bonnal

27 juin 2026

L’intelligence artificielle répond de mieux en mieux. Mais pose-t-elle les bonnes questions ?

Les progrès de l’intelligence artificielle impressionnent chaque semaine un peu plus. Les outils rédigent des textes, analysent des documents, résument des réunions, produisent des images, écrivent du code et répondent à des questions complexes en quelques secondes. Pour de nombreuses entreprises, ces technologies représentent déjà un formidable gain de temps.

Face à ces performances, une idée s’installe progressivement : si l’intelligence artificielle répond de mieux en mieux, pourra-t-elle bientôt remplacer une partie de notre réflexion ?

La question mérite d’être posée. Mais une autre, peut-être encore plus importante, apparaît en arrière-plan. Une intelligence artificielle peut fournir d’excellentes réponses. Encore faut-il qu’on lui pose les bonnes questions.

Une bonne réponse commence souvent par une bonne question

Nous avons tendance à évaluer l’intelligence artificielle à travers la qualité de ses réponses. C’est logique. C’est ce que nous voyons immédiatement. Pourtant, la qualité du résultat dépend très largement de la manière dont le problème est formulé.

Une question imprécise produit souvent une réponse approximative. À l’inverse, une question construite avec méthode permet d’obtenir des analyses beaucoup plus pertinentes. Cette réalité n’est d’ailleurs pas propre à l’intelligence artificielle. Elle concerne toutes les formes de réflexion.

Dans de nombreux métiers, les meilleurs professionnels ne sont pas ceux qui disposent systématiquement des meilleures réponses. Ce sont souvent ceux qui savent identifier les véritables questions avant les autres.

Les décisions importantes commencent rarement par une réponse

Lorsqu’une entreprise rencontre une difficulté, la tentation est souvent de chercher immédiatement une solution. Pourtant, les organisations qui progressent le plus prennent généralement un peu plus de temps avant de répondre. Elles cherchent d’abord à comprendre le problème.

Un chiffre d’affaires qui baisse n’est pas forcément un problème commercial. Une perte de visibilité ne provient pas toujours du référencement. Une communication inefficace n’est pas nécessairement liée aux réseaux sociaux. Les symptômes sont visibles. Les causes le sont souvent beaucoup moins.

C’est précisément cette phase d’analyse qui reste profondément humaine. Elle consiste à remettre en question les évidences, à reformuler le problème et parfois même à découvrir que la vraie question n’était pas celle que l’on croyait.

Avant de chercher des réponses, encore faut-il être certain de poser la bonne question.

L’intelligence artificielle répond de mieux en mieux. Mais pose-t-elle les bonnes questions ?

L’intelligence artificielle réduit progressivement le temps nécessaire pour produire un contenu, analyser des données ou explorer différentes pistes de réflexion. Cette évolution constitue une opportunité considérable.

Mais elle crée également un paradoxe.

Plus les réponses deviennent accessibles, plus la capacité à orienter correctement la réflexion prend de la valeur. La différence ne se fera plus uniquement sur la maîtrise des outils. Elle se fera sur la capacité à comprendre une situation avant de chercher à la résoudre.

Cette logique revient régulièrement dans les missions d’expertise marketing. Les entreprises ne manquent pas toujours de solutions. Elles manquent parfois d’un regard extérieur capable d’identifier le véritable problème avant de proposer une réponse.

Les outils accélèrent l’analyse.

Le discernement lui donne une direction.

Les bonnes questions créent aussi les meilleures relations

Cette réflexion dépasse largement le cadre de l’intelligence artificielle. Elle concerne également les relations humaines.

Les meilleurs échanges ne reposent pas uniquement sur de bonnes réponses. Ils reposent souvent sur des questions qui permettent de mieux comprendre une personne, une organisation ou une situation.

Cette approche se retrouve naturellement dans les démarches de relations publiques. Comprendre les attentes d’un journaliste, identifier l’angle qui mérite d’être traité ou poser les bonnes questions avant de communiquer permet souvent d’obtenir des résultats bien plus pertinents qu’une diffusion massive de messages standardisés.

La qualité d’une communication dépend souvent de la qualité des questions qui l’ont précédée.

L’intelligence artificielle ne remplacera probablement jamais la curiosité

L’IA continuera de progresser. Elle répondra sans doute demain encore mieux qu’aujourd’hui. Elle analysera davantage de données, établira davantage de liens et produira des contenus toujours plus convaincants.

Mais la curiosité, elle, ne s’automatise pas.

Se demander pourquoi un problème existe, remettre en cause une évidence ou explorer une piste inattendue restent des démarches profondément humaines. Elles précèdent toutes les réponses, qu’elles soient produites par un expert ou par une intelligence artificielle.

J’aborde d’ailleurs cette idée dans mon livre « Développer le marketing de son entreprise », où j’explique que les outils, aussi performants soient-ils, n’ont de valeur que lorsqu’ils servent une réflexion cohérente et une stratégie clairement définie.

Au fond, l’avenir ne dépendra peut-être pas uniquement de la qualité des réponses que les intelligences artificielles seront capables de produire.

Il dépendra aussi de notre capacité à continuer de poser les questions qu’aucune machine n’aurait eu l’idée de formuler.

Rédigé par Julien Ricciarelli-Bonnal

27 juin 2026

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