
Article de Julien Ricciarelli-Bonnal
16 décembre 2025
La routine acquisition du matin : 20 minutes, trois outils, une vision du marché
Il existe dans l’acquisition un mythe tenace : celui selon lequel les résultats seraient proportionnels au volume d’actions, comme si publier plus, prospecter plus, poster plus, envoyer plus d’e-mails suffisait à redresser une stratégie. C’est l’inverse qui est vrai. Dans la plupart des PME et des activités indépendantes, ce qui manque n’est pas l’effort, mais la lucidité. Et la lucidité ne s’obtient pas en produisant frénétiquement du contenu : elle s’obtient en lisant le marché. Une fois par jour. Pendant vingt minutes. Pas plus. C’est largement suffisant pour orienter chaque décision, éviter les mauvais signaux, détecter les frémissements invisibles, et comprendre si votre communication raconte encore quelque chose de pertinent.
Dans un monde saturé d’informations, la valeur n’est plus dans l’abondance, mais dans la sélection. Et c’est précisément l’objectif de cette routine : créer un rendez-vous court, simple et non négociable qui vous donne une vision claire de votre environnement, du comportement des prospects, des signaux faibles de votre secteur, et de ce que cherchent réellement les personnes qui pourraient demain devenir vos clients.
Si la plupart des entreprises passent à côté de ces informations, c’est parce qu’elles confondent surveillance et suractivité, comme si suivre le marché signifiait passer sa vie dans des tableaux de bord. La vérité est beaucoup plus simple : trois outils, utilisés intelligemment, permettent d’affiner une stratégie, d’adapter un positionnement, de revoir un message, voire de repenser entièrement une offre. Et c’est précisément là qu’un travail de fond en matière de consulting marketing fait toute la différence : non pas produire davantage, mais comprendre mieux.
1. Google Trends : lire l’intention avant qu’elle n’apparaisse en surface
La première étape de cette routine consiste à mesurer ce que les gens cherchent réellement, pas ce que les entreprises pensent qu’ils cherchent. Google Trends n’est pas un gadget pour curieux : c’est l’un des outils les plus précieux pour décoder les dynamiques de marché, anticiper les comportements et identifier des thèmes dont l’intérêt monte avant même que vos concurrents ne s’en préoccupent.
Chaque matin, quelques requêtes stratégiques suffisent : celles liées à votre secteur, celles liées à vos services, et celles liées aux problématiques que rencontrent vos prospects. Ce n’est pas tant le volume absolu qui compte que le mouvement, la courbe, la progression ou l’essoufflement. Dans beaucoup d’entreprises, cette simple observation éviterait des mois de contenu inutile et permettrait de recentrer les efforts sur ce qui génère réellement de la demande.
Le rôle d’un dirigeant n’est pas d’avoir toutes les réponses : c’est d’être capable de sentir quand les questions changent. Et c’est souvent Google Trends qui révèle ce changement avant tout le monde.

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2. LinkedIn Search & Activity : comprendre les préoccupations des prospects en temps réel
Contrairement à ce que beaucoup pensent, LinkedIn n’est pas un réseau social : c’est une base de données comportementale gigantesque. En observant ce que publient vos prospects, ce qu’ils commentent, ce qu’ils partagent, ce qu’ils likent, on comprend immédiatement où se situe leur attention, ce qui les inquiète, ce qui les inspire ou ce qui les fait réagir.
En quelques minutes chaque matin, il est possible de repérer les signaux faibles relatifs à un secteur, à un métier ou à une problématique précise. On voit la montée d’un doute, la répétition d’un obstacle, ou au contraire la naissance d’un enthousiasme. Ce travail est d’autant plus intéressant qu’il ne s’agit pas de scruter des tendances générales, mais d’observer un échantillon très spécifique d’individus réellement pertinents pour votre activité.
Et c’est précisément ce qui transforme cet outil en un levier stratégique majeur : il permet d’ajuster un message, d’orienter une page, de reformuler une promesse. Un site web devient cohérent lorsqu’il répond à la réalité du terrain, et c’est cette réalité que LinkedIn révèle, parfois brutalement. Dans le cadre d’un audit stratégique, cette analyse a toujours été l’un des marqueurs les plus efficaces pour comprendre pourquoi une communication échoue ou pourquoi une offre ne convertit pas.

3. Google Search Console : l’endroit où le marché vous dit la vérité
Le dernier outil de cette routine est sans doute le plus impitoyable, mais aussi le plus précieux : Google Search Console. C’est l’endroit où l’on découvre ce que Google pense réellement de votre site, ce que les utilisateurs cherchent en arrivant dessus, ce qui provoque un clic, ce qui provoque un doute et ce qui provoque un départ immédiat.
Contrairement aux tableaux de bord marketing traditionnels, Search Console ne raconte pas ce que vous croyez faire : elle raconte ce que vous faites vraiment. Elle expose les pages qui fonctionnent malgré vous, celles qui échouent malgré vos efforts, et celles qui mériteraient une attention urgente.
Chaque matin, cinq minutes d’analyse suffisent : les requêtes qui montent ou chutent, les impressions qui progressent, les pages qui déclinent. C’est une photographie honnête, parfois rude, mais indispensable. Dans 80 % des cas, les entreprises découvrent qu’elles ne se positionnent pas du tout là où elles pensaient se trouver. Et c’est précisément là que commence le travail : transformer cette lucidité en ajustements concrets.
Une routine qui ne sert qu’à une chose : prendre de meilleures décisions
Cette routine n’est pas là pour “faire de la veille” au sens traditionnel : elle est là pour construire une vision. Elle ne sert pas à produire davantage, mais à produire mieux. Elle ne sert pas à multiplier les actions, mais à réduire les erreurs.
La plupart des entreprises qui peinent à générer de l’acquisition n’ont pas un problème de volume : elles ont un problème de direction. Elles investissent du temps, de l’argent et de l’énergie dans des initiatives qui ne répondent plus aux attentes réelles du marché. Cette routine change tout, car elle reconnecte la stratégie au réel.
L’acquisition n’est pas un sprint : c’est une discipline. Une discipline qui commence chaque matin par une question simple : qu’est-ce que le marché me raconte aujourd’hui ?
Rédigé par Julien Ricciarelli-Bonnal
16 décembre 2025

