
Article de Julien Ricciarelli-Bonnal
1 juillet 2026
Pendant des années, créer une page Facebook faisait partie des premières recommandations adressées à une entreprise. Aujourd’hui, le réseau social semble avoir disparu des conversations marketing, éclipsé par LinkedIn, TikTok, Instagram ou encore les moteurs de recherche enrichis par l’intelligence artificielle. Pourtant, faut-il réellement considérer Facebook comme un canal dépassé ou continue-t-il de répondre à certains objectifs précis ?
Depuis plusieurs années, de nombreuses entreprises réduisent progressivement leur présence sur Facebook, parfois sans véritable réflexion stratégique. Comme souvent en marketing, la vraie question n’est pas de savoir si un canal est mort, mais s’il reste pertinent pour son activité, sa clientèle et ses objectifs.
La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. Facebook n’est plus le formidable levier de visibilité qu’il a été durant les années 2010, mais cela ne signifie pas qu’il soit devenu inutile. Son rôle a évolué, tout simplement.
Avant de supprimer une page Facebook ou, au contraire, d’y consacrer encore plusieurs heures chaque semaine, il est donc utile de revenir sur les usages réels de la plateforme en 2026.
Facebook est devenu un réseau plus discret, mais toujours très fréquenté
Le premier piège consiste à confondre visibilité médiatique et utilisation réelle. Parce que Facebook est moins présent dans les conversations des professionnels du marketing, beaucoup imaginent que les internautes l’ont déserté. La réalité est bien différente.
Le réseau social continue de rassembler plusieurs milliards d’utilisateurs dans le monde. En France, il reste utilisé quotidiennement par des millions de personnes, notamment parmi les tranches d’âge disposant du pouvoir d’achat le plus élevé. Ces utilisateurs publient parfois moins qu’auparavant, mais ils continuent de consulter des informations, de suivre des commerces, des associations, des collectivités ou encore des entreprises locales.
Ce changement d’usage explique en partie pourquoi Facebook semble moins visible qu’avant. Les utilisateurs créent moins de contenus publics et privilégient davantage les groupes, Messenger ou les échanges privés. Pour les entreprises, cela donne parfois l’impression que le réseau est en perte de vitesse alors qu’il continue d’occuper une place importante dans le quotidien de nombreux consommateurs.
En réalité, Facebook est progressivement devenu un réseau de consultation plutôt qu’un réseau de découverte. Cette évolution change profondément la manière dont une entreprise doit envisager sa présence sur la plateforme.
La visibilité organique n’est plus ce qu’elle était
C’est probablement la principale raison pour laquelle certains dirigeants pensent que Facebook ne fonctionne plus.
Pendant de nombreuses années, publier régulièrement suffisait souvent à toucher une partie importante de sa communauté. Une publication pouvait obtenir plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de vues sans investissement publicitaire particulier.
Aujourd’hui, cette période appartient largement au passé. Les algorithmes privilégient davantage les contenus sponsorisés, les recommandations personnalisées ou les interactions entre utilisateurs. Les publications des pages professionnelles bénéficient généralement d’une portée organique beaucoup plus faible qu’autrefois.
Cela ne signifie pas qu’il faille publier davantage pour compenser cette baisse. Beaucoup d’entreprises continuent d’alimenter leur page Facebook plusieurs fois par semaine sans mesurer réellement les résultats obtenus. Avant de consacrer du temps à un canal de communication, il est préférable d’analyser son retour sur investissement dans le cadre d’une véritable expertise marketing.
Une page Facebook reste un élément de crédibilité
Si Facebook génère moins de visibilité, pourquoi autant d’entreprises conservent-elles leur page ?
Tout simplement parce qu’elle joue désormais un rôle différent.
Lorsqu’un prospect recherche une entreprise sur Google, il consulte rarement une seule source d’information. Il visite le site internet, regarde les avis clients, consulte parfois LinkedIn et il lui arrive encore de cliquer sur la page Facebook lorsque celle-ci apparaît dans les résultats de recherche.
Une page abandonnée depuis plusieurs années, présentant des horaires erronés, des coordonnées obsolètes ou des publications datant de plusieurs années, peut donner une impression de négligence. À l’inverse, une page correctement renseignée, même peu alimentée, contribue à renforcer la cohérence de la présence numérique de l’entreprise.
Cette logique dépasse largement Facebook. Aujourd’hui, chaque point de contact participe à construire la confiance qu’un prospect accorde à une marque. C’est également l’un des objectifs d’une stratégie de relations publiques, qui vise à renforcer durablement la crédibilité d’une entreprise.

Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes besoins
Chercher une réponse universelle serait une erreur.
Un restaurant, un artisan, une salle de sport ou un commerce de proximité n’utilisent pas Facebook de la même manière qu’un cabinet de conseil, une entreprise industrielle ou une société spécialisée dans les services aux entreprises.
Pour une activité locale, Facebook peut encore représenter un excellent moyen de communiquer rapidement sur un événement, un changement d’horaires, une nouveauté ou une opération commerciale. Les habitants d’une commune continuent souvent d’utiliser la plateforme pour suivre l’actualité des commerces qui les entourent.
À l’inverse, certaines entreprises BtoB auront probablement davantage intérêt à concentrer leurs investissements sur leur site internet, leur référencement naturel, LinkedIn ou la production de contenus à forte valeur ajoutée.
La question n’est donc pas de savoir si Facebook fonctionne encore, mais s’il constitue aujourd’hui le canal le plus pertinent pour atteindre les objectifs fixés par l’entreprise.
La bonne stratégie consiste à choisir ses canaux, pas à les accumuler
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à vouloir être présent partout.
Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok, YouTube, X, Threads… Certaines entreprises ouvrent des comptes sur l’ensemble des plateformes sans jamais définir le rôle précis de chacune d’entre elles.
Cette multiplication des canaux entraîne souvent une dispersion des efforts. Les équipes consacrent du temps à produire des contenus qui génèrent peu de résultats, simplement parce qu’elles considèrent qu’il faut être présent sur tous les réseaux sociaux.
Une stratégie digitale efficace repose pourtant sur un principe beaucoup plus simple : concentrer ses ressources là où elles produisent le plus de valeur. Dans certains cas, Facebook continuera d’occuper une place importante. Dans d’autres, son rôle deviendra essentiellement informatif ou institutionnel.
En marketing, supprimer un canal n’est pas forcément une mauvaise décision. Continuer à investir dans un canal devenu peu rentable par simple habitude l’est souvent davantage.
Facebook n’est plus incontournable, mais il reste utile dans de nombreux cas
Les plateformes numériques évoluent en permanence. Certaines gagnent en popularité, d’autres perdent progressivement leur influence, tandis que de nouveaux acteurs apparaissent régulièrement.
Facebook n’échappe pas à cette évolution. Le réseau social n’est plus la plateforme incontournable qu’il était il y a dix ans, mais il continue de répondre à des besoins bien précis, notamment en matière de crédibilité, d’information locale et de présence numérique.
Plutôt que de suivre les effets de mode, les entreprises ont donc tout intérêt à analyser objectivement leurs usages, leurs audiences et leurs résultats. Une page Facebook ne constitue plus systématiquement un levier de développement commercial, mais elle reste, dans de nombreuses situations, un élément utile d’une stratégie digitale cohérente.
Comme souvent en marketing, la meilleure décision n’est ni de conserver un outil par habitude, ni de l’abandonner parce qu’il est moins tendance. Elle consiste à choisir les canaux qui apportent une véritable valeur à l’entreprise et à ses clients.
Rédigé par Julien Ricciarelli-Bonnal
1 juillet 2026

